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Académie du Royaume: Focus sur les expériences de modernisation et de développement de la Chine


Académie du Royaume: Focus sur les expériences de modernisation et de développement de la Chine

lundi, 9 décembre, 2019 à 23:35

Rabat- Les expériences de modernisation et de développement de la Chine ont servi de fil conducteur pour un débat d’idées tenu lundi lors de la deuxième séance de la 46ème session de l’Académie du Royaume du Maroc, placée sous le thème “l’Asie comme horizon de pensée”.

A travers cette 46-ème session de deux jours, l’Académie tente d’explorer les forces du changement qui façonnent l’Asie et de comprendre les processus qui ont conduit vers la modernisation de ce continent riche par sa diversité et source d’inspiration, lequel regroupe un large éventail de systèmes de gouvernance, de mécanismes de développement économique, de traditions, de religions, de ressources, de langues, de cultures et de compositions démographiques.

C’est ainsi qu’Edouardo Romano Oliveira, membre de l’Académie du Royaume du Maroc a consacré son intervention au rôle des Jésuites de Macao dans les relations euro-chinois, à la menace d’invasion de barbares venus du Nord qui obligea alors l’Empereur Yong Le à transférer sa capitale de Nanjing à Beijing en vue d’y faire face.

Le chercheur a aussi évoqué la solution alternative portant sur le recours aux navires portugais qui disposaient de moyens leur permettant de se défendre efficacement des pirates. “L’importance du rôle joué par le Portugais dans les communications le long de la côte fut reconnue par les Chinois, à un point tel qu’ils leur accordèrent le droit de s’établir à Macao, un petit morceau de la Chine qui serait appelé à jouer un rôle capital dans les relations avec l’Europe”, argumente-il.

Pour sa part, Gao Fang, professeur de littérature française l’université chinoise de Nanjing a souligné dans un exposé lu en son nom le rôle indispensable et même décisif de la traduction à chaque tournant historique du pays.”Elle permet de transmettre les savoirs et les pensées, de rénover le système linguistique et littéraire, de réaliser les réformes sociales majeures, de promouvoir les recherches scientifiques et d’approfondir les échanges culturels avec d’autres pays”, soutient-il.

Pour ce chercheur, traduire ce n’est pas tout simplement un passage de répétition, d’imitation, mais c’est suivre entièrement le modèle de modernité occidentale. La traduction est alors un acte réflexif qui permet d’accomplir la quête du renouveau, d’établir le lien entre la tradition et la modernité.

A son tour, l’ancien président du conseil constitutionnel, Mohamed Achergui, a relevé la nature et la particularité du régime politique dans ce pays, rappelant les développements constitutionnels qu’a connus ce pays socialiste et multiethnique depuis la mise en place de la première Constitution en 1954.

Quant au professeur émérite à l’université Mohammed V de Rabat, Mohamed Kenbib, il a estimé que l’attachement des peuples aux spécificités de leur histoire et de leur civilisation, telles que mises en évidence dans ce qu’il est convenu d’appeler le roman national, n’exclut pas des similitudes entre le passé des uns et des autres quel que soit leur positionnement géographique sur le globe.

“L’évolution de la Chine et du Maroc au XIX et début du XXème siècle est hautement significative à cet égard”, note-il, citant le cas entre 1830 et 1912, période au cours de laquelle les deux pays, fiers de leur ancrage et de leur rayonnement en tant qu’Etats multiséculaires, se sont trouvés confrontés à d’énormes défis.

Le contexte général d’alors était marqué par l’expansion coloniale triomphante des puissances industrialisées et les contradictions inextricables dans lesquelles l’Empire du Milieu et l’Empire Chérifien se sont trouvés plongés du fait tant des pressions étrangères que des tentatives de réforme que l’un et l’autre durent déployer pour préserver leur indépendance, rappelle-t-il.

Le chercheur a relevé que cette dynamique s’imposa de manière très nette au lendemain des deux “guerres de l’opium” (1839-1842, 1856-1860) pour le premier, de la bataille d’Isly (1844) et de la guerre hispano-marocaine de 1859-1860 pour le second.

La 46ème session de l’Académie examine la manière dont les pays asiatiques opèrent pour préserver l’équilibre entre la volonté politique de modernisation et la détermination intellectuelle des civilisations. Elle se penche également sur les avantages tirés du savoir-faire occidental, et la volonté asiatique de protéger le patrimoine culturel et de défendre les valeurs sociales.

Cette session se déroule en trois temps sous le thème: “L’Asie, comme horizon de pensée: expériences de modernisation et de développement à travers trois séquences la Chine, l’Inde et le Japon”. La première séquence de cette session du 9 et 10 décembre 2019 a comme thème la Chine, la deuxième séquence du 11 et 12 décembre est consacrée à l’Inde et en fin le Japon du 16 et 17 décembre.



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