Sénégal

Des transformatrices toujours remontées contre les usines de farine de poisson


 Mballing (Mbour), 21 déc (APS) – Des femmes travaillant dans le secteur de la pêche, venues de plusieurs localités côtières du Sénégal, se sont élevées samedi, à Mballing (Mbour, ouest), contre l’installation continue d’unités de production de farine de poisson qu’elles considèrent comme une menace à la pérennité de leurs activités.

‘’Depuis quelques temps, nous assistons à des installations, un peu partout, d’unités de production de farine de poisson. Cela constitue un handicap pour le travail des femmes dans les différents sites de transformation de produits halieutiques’’, a notamment dénoncé, l’une de leurs porte-paroles, Diaba Diop, femme transformatrice.

Secrétaire générale du site de transformation ‘’Pencum Sénégal’’ de Thiaroye dans la banlieue dakaroise, elle a signalé qu’avec l’installation de ces usines, les femmes transformatrices ne parviennent plus à accéder aux produits leur permettant de mener leurs activités de transformation.

Ces transformatrices de produits halieutiques animaient une conférence sur le site de transformation de Mballing, pour dénoncer l’implantation de ces nouvelles unités de production de farine de poisson.

‘’Tout le monde sait qu’au niveau des quais de pêche, si on parvient à acheter une caisse de poissons à quatre mille (4000) francs CFA en tant que femmes transformatrices, l’usine de farine de poissons qui est à côté peut être en mesure de se la procurer entre cinq mille et six mille francs CFA et peut même acheter une très grande quantité’’, a déploré Mme Diop.

Elle a insisté sur le fait que l’implantation de ces unités industrielles est une ‘’concurrence déloyale’’ à l’activité de transformation et de micro-mareyage, au niveau des différents quais et autres sites de débarquement de produits halieutiques pour la pêche artisanale.

‘’Cela contribue, incontestablement, à tuer notre activité professionnelle, d’autant plus qu’avec la raréfaction de la ressource halieutique, les ressources que nous tirons de cette activité nous permettent de payer la scolarité de nos enfants, d’assurer la dépense quotidienne et de pouvoir se soigner et soigner nos enfants en cas de maladie’’, a-t-elle signalé.

Elle a regretté le fait que ce soit principalement la sardinelle qui est ciblée par ces usines de farine de poisson, alors que c’est une espèce qui contribue ‘’considérablement’’ à la sécurité alimentaire des populations sénégalaises.

‘’Pour un kilogramme de farine de poissons, il faut, au moins, cinq kilogrammes de poissons frais. Cette farine de poisson est destinée à nourrir des animaux et de la volaille, à faire de l’aquaculture, alors qu’au Sénégal des profondeurs, il y en des gens qui ont besoin de poisson, mais qui n’ont pas accès à la ressource’’, s’est-elle désolée.

Elle explique que, faute de pouvoir accéder au poisson frais, les populations sénégalaises, notamment celles de l’intérieur du pays, Font recourt aux produits transformés dont la disponibilité est hypothéquée par l’implantation de ces unités industrielles de production de farine de poisson.

Les femmes transformatrices invitent les pouvoirs publics à prendre des ‘’mesures drastiques’’ par rapport à ces unités de production de farine, pour leur permettre de mener à bien leurs activités professionnelles qui ne peut être possibles qu’avec la disponibilité et l’accessibilité de la ressource.

ADE/AKS

 





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