Du Fcfa à l’Eco, l’Afrique de l’Ouest à la croisée des chemins

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Du Fcfa à l’Eco, l’Afrique de l’Ouest à la croisée des chemins

mardi, 24 décembre, 2019 à 17:30

-(Par Otmane Elmibrak)-

 

Abidjan – Boîte de Pandore pour les uns, gage de stabilité économique pour les autres, le Franc cfa verra sa dénomination changer pour céder place à l’”Eco”, dans l’objectif, comme déclaré par le président français Emmanuel Macron, de “rompre les amarres” avec les oripeaux du passé colonial et écrire une page nouvelle du partenariat “décomplexé” avec l’Afrique.

Samedi dernier, le remplacement du franc CFA par l’Eco dans huit pays ouest-africains, a été fièrement annoncé à Abidjan par le chef de l’Etat ivoirien Alassane Ouatrara au nom de ses pairs de l’UEMOA. C’était lors d’une conférence de presse conjointe avec le président Macron qui effectuait une visite de 48H en Côte d’Ivoire.

Le président Ouattara a, en effet, dévoilé les contours de l’accord conclu entre les huit pays de l’Union Economique et Monétaire Ouest Africaine (UEMOA), à savoir le Bénin, Burkina Faso, Côte d’Ivoire, Guinée-Bissau, Mali, Niger, Sénégal et Togo, et la France.

Revendication ardente de bon nombre d’intellectuels et d’économistes ouest-africains, cette “rupture”, description utilisée par Emmanuel Macron, est d’autant plus importante qu’elle affecte trois points d’extrême importance.

Primo, le Fcfa va devenir l’Eco, qui est en fait le nom choisi pour la future monnaie unique du bloc des 15 pays de la Communauté économique des Etats d’Afrique de l’Ouest (CEDEAO).

Encore faut-il rappeler que quand il a vu le jour au milieu des années 1940, le Fcfa signifiait tout bonnement “franc des colonies françaises d’Afrique”. Dans la foulée des indépendances dans la région, l’acronyme avait évolué pour signifier “franc de la Communauté financière africaine”. Pour autant, le legs historique faisait que ce sobriquet désormais “euphémiste” demeure appréhendé comme un symbole des relents post-coloniaux.

Deuxième réforme et pas n’importe laquelle. La Banque centrale des Etats d’Afrique de l’Ouest (BCEAO) ne se verra plus dans l’obligation de verser la moitié de ses réserves de change auprès de la Banque de France. Une émancipation de taille aux yeux de plusieurs voix anti-Fcfa.

La BCEAO “n’aura à l’avenir plus d’obligation particulière concernant le placement de ses réserves de change”. “Elle sera libre de placer ses avoirs dans les actifs de son choix”, pour reprendre les termes de la présidence française.

Troisième changement et pas des moindres. L’Hexagone, et c’est là un pas hautement expressif, a décidé d’abandonner son siège au sein des instances de gouvernance de l’Union monétaire ouest africaine (UMOA) où elle prenait ses quartiers.

“La France ne nommera plus aucun représentant au Conseil d’administration et au Comité de politique monétaire de la BCEAO, ni à la Commission bancaire de l’UMOA”, avait assuré l’Elysée qui a affirmé qu’il s’agit, de la sorte, de “désamorcer les critiques” selon lesquelles la France continuait de dicter ses décisions dans ces instances via ses représentants.

Cependant, des points, pas totalement au goût de certains économistes africains, persistent, notamment le maintien de la parité fixe avec l’euro. Il en est de même pour le rôle de garant financier de la France pour les huit pays de l’UEMOA qui, pour le moins, demeure controversé.

Au-delà de l’UEMOA, la réforme du Fcfa a été saluée par la directrice générale du Fonds monétaire international (FMI), Kristalina Georgieva, qui a loué une “étape essentielle” dans la modernisation d’accords de longue date entre l’Union économique et monétaire ouest-africaine et la France.

“Les mesures annoncées s’appuient sur le bon bilan de l’UEMOA en matière de conduite de la politique monétaire et de gestion des réserves extérieures”, selon Mme Georgieva, qui a souligné la faible inflation, la forte croissance économique, l’amélioration de la situation des finances publiques et l’augmentation du niveau des réserves de change des membres de l’UEMOA ces dernières années.

“Le FMI se tient prêt à coopérer avec les autorités régionales en fonction des besoins ainsi qu’à appuyer la mise en œuvre de cette importante initiative”, a assuré la cheffe de l’institution financière internationale.

Entre-temps, d’ici la mise des coupures de l’Eco sur le marché, plusieurs questions demeurent ardentes, principalement en lien avec le calendrier de lancement de la nouvelle monnaie et l’interaction entre la réforme du Fcfa avec la future monnaie unique de la CEDEAO, groupement comptant des pays anglophones non-membres de la zone Fcfa.

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