Suite aux révélations des avocats de Brice Laccruche : Contre les traitements dégradants – Gabonreview.com

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Aucun humain, même la pire des crapules, ne doit être privé de ses droits fondamentaux, y compris en état d’arrestation ou d’emprisonnement.

Les avocats de Brice Laccruche-Alihanga ont dénoncé les conditions de détention de leur client, décrivant un véritable enfer carcéral. En aucun cas, pourtant, celles-ci ne doivent être dictées par l’émotion ou le désir de vengeance. De façon explicite, le Code pénal reprend ce principe : la torture et les «actes inhumains ou dégradants» sont interdits.© Gabonreview/Shutterstock

 

Sous couvert de justice, a-t-on le droit d’humilier les gens ? L’Etat est-il libre d’infliger des traitements dégradants ? Telles sont, en réalité, les questions soulevées par les révélations de Me Kevin Anges Nzigou sur les conditions de détention de Brice Laccruche-Alihanga. Pour une partie de l’opinion, peut-être même la majorité, l’ancien directeur de cabinet du président de la République reçoit la monnaie de sa pièce. En leur entendement, il a joué et perdu. Il doit, par conséquent, assumer les conséquences de ses actes. Pour eux, il n’a pas non plus des raisons de se plaindre, la réalité de l’univers carcéral n’étant ni une nouveauté ni une inconnue pour lui. Peut-on entendre ce type d’arguments ? Doit-on leur accorder du crédit ?

Atteinte aux fondements de la justice

Même si certaines pratiques paraissent banales, la torture, l’humiliation, la maltraitance et autres «traitements cruels, inhumains ou dégradants» sont strictement proscrits par la Constitution, y compris quand on est en «état d’arrestation ou d’emprisonnement». Aucun humain, même la pire des crapules, ne doit être privé de ses droits fondamentaux. Contenus dans la Déclaration universelle des droits de l’homme de 1948 ou dans la Charte africaine des droits de l’homme et des peuples du 26 juin 1981, les principes à valeur constitutionnelle doivent prévaloir en tout lieu et en toute circonstance. Les conditions de détention doivent correspondre aux prescriptions légales. En aucun cas, elles ne doivent être dictées par l’émotion ou le désir de vengeance. De façon explicite, le Code pénal reprend ce principe : la torture et les «actes inhumains ou dégradants» sont interdits. Leurs auteurs encourent même une peine de réclusion criminelle assortie d’une forte amende.

Dans aucune démocratie, la torture n’est autorisée. Même si plusieurs polices de par le monde s’adonnent à cette pratique, elle n’en demeure pas moins condamnable. En tout cas, elle constitue toujours une grave atteinte aux fondements de la justice. La justice n’a pas pour but de faire subir des souffrances, physiques, psychiques ou mentales. Elle vise à faciliter le fonctionnement de la société et à préserver la dignité humaine. Autrement dit, d’humiliantes conditions de détention sont contraires à l’idée même de justice. L’Etat ne peut avoir à cœur de se venger. S’il a le devoir de punir les fautifs, il ne peut ni céder à l’émotion ni chercher à briser des vies. Certes, les crimes financiers sont hautement répréhensibles. Certes, d’autres personnes avant Brice Laccruche-Alihanga ont subi des traitements humiliants. Mais, on ne saurait banaliser de telles pratiques. Sauf à militer pour un rejet de l’Etat de droit ou à tourner définitivement le dos aux principes démocratiques, on ne peut s’en accommoder.

Conditions de détention et qualité de vie des personnels

Reste une question de fond, pourtant inavouée : comment obtenir des renseignements, des informations ou des aveux sans recourir à la torture ? Se pose ici la question de la formation des enquêteurs et autres matons. Se pose aussi la question de l’entretien des prisons et plus largement de la définition d’une vraie politique pénitentiaire. Après tout, la prison doit également permettre la réinsertion sociale des détenus. Loin d’être une peine, elle est le lieu où s’exécutent les peines. Or, les conditions de détention ne constituent pas une peine. Seule la privation de liberté l’est. De ce point de vue, les traitements humiliants ou dégradants ne font pas sens. Mieux, partout dans le monde, l’amélioration des conditions de détention a toujours eu pour corolaire l’amélioration des conditions de travail et de la qualité de vie des personnels pénitentiaires.

Les avocats de Brice Laccruche-Alihanga ont dénoncé les conditions de détention de leur client, décrivant un véritable enfer carcéral. Seront-ils entendus ? On peut en douter. N’empêche, l’administration pénitentiaire n’a rien à gagner à entretenir une telle situation. Bien au contraire, en améliorant le contenu de la prise en charge, elle offrirait aux matons de meilleures conditions de travail. Peut-on traiter les détenus de façon dégradante sans avilir leurs geôliers ? En réfléchissant à la formulation d’une vraie politique pénitentiaire, la réponse s’imposera d’elle-même. Ne pas y songer reviendrait à légitimer la négation des droits humains.

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