Une frange de la communauté LGBT (lesbiennes, gays, bisexuels et transgenres) craint des émeutes si la dépénalisation de l’homosexualité est entérinée par le Sénat. La modification par l’Assemblée nationale de la loi n°042/2018 du 05 juillet 2019, portant Code pénal en République gabonaise, crée déjà des vagues sur les réseaux sociaux.

Une partie de la communauté LGBT craint des émeutes si la dépénalisation de l’homosexualité est entérinée par le Sénat (illustration). © africa.la-croix.com

 

Vivement accueillie au sein de la communauté LGBT (lesbiennes, gays, bisexuels et transgenres), la dépénalisation de l’homosexualité laisse tout de même perplexe au sein de ce groupe, dont une frange craint de sévères représailles.

«C’est une bonne chose que cela soit arrivé et je suis heureux. Mais je ne serai pas surpris s’il y a une émeute dans un avenir proche et que cela oblige le gouvernement à remettre la loi en place», a déclaré Didier, un Gabonais homosexuel relayé par la Thomson Reuters Foundation.

En juillet 2019, le Gabon a adopté la loi punissant les relations sexuelles entre personnes du même sexe d’une peine allant jusqu’à six mois de prison et une amende de cinq millions de francs CFA. Mais contre toute attente, à l’initiative du Premier ministre gabonais, ce verrou a sauté avec la suppression du dispositif punissant ce délit dans le projet de loi visant la modification de la loi n°042/2018 du 05 juillet 2019 portant Code pénal en République gabonaise,  adopté le 23 juin à l’Assemblée nationale.

En effet, le retrait de l’alinéa 5 de l’article 402 du Code pénal en vigueur depuis juillet 2019 et qui condamnait l’homosexualité. Cette «ablation» légalise ipso facto l’homosexualité. 48 membres du Parlement ont voté la révision de la loi de 2019 qui criminalisait les relations homosexuelles, tandis que 24 ont voté contre et 25 se sont abstenus. Pour devenir une loi, le Sénat doit également approuver la proposition.

Avocat gay exerçant à Libreville, Thibault a déclaré avoir été surpris par l’initiative du gouvernement, au plus fort de la crise du Covid-19. «Le simple fait qu’ils aient commencé à le faire a attisé l’homophobie et si la loi est adoptée, je m’attends à ce qu’elle se heurte à la résistance de la population en général. Les émeutes et la violence contre la communauté atteindront probablement un sommet et le gouvernement pourrait éventuellement faire un autre demi-tour», a-t-il déclaré.

La dépénalisation de l’homosexualité a créé des vagues d’indignation à travers le pays, pour l’instant essentiellement sur les réseaux sociaux. Certains y font notamment signer des pétitions pour faire reculer les autorités.

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